Il n’y a pas long entre le Domaine Le Capitaine et le Château Moncontour. 10 minutes maximum. Quand j’y arrive, il y a des ouvriers qui refont le pavé uni devant la porte de la boutique et je ne réalise pas que je suis au bon endroit. Dès lors, je monte une petite pente et j’arrive dans les terrains privés du château. On y entend de la grosse machinerie, une rumeur campagnarde de joyeux cris d’oiseaux, le vent dans les branches néanmoins pas une âme qui vive à portée du regard.
Je m’avance et découvre de magnifiques bâtiments ultra bien entretenus, les accents tous de la même couleur, tel que vu ci-à côté. Je finis par rencontrer un livreur, qui ne parle pas français à ma grande surprise ! Et nous échangeons en France, dans un anglais approximatif, de part et d’autre. Je comprends que j’aurais dû suivre mon intuition et je redescends, encore une fois plus riche de quelques images supplémentaires et d’une leçon qu’il me semble difficile à assimiler.
Là, on est à une autre enseigne, c’est du grand volume de commerce que l’on fait dans ce château. J’en compte rapidement une cinquantaine de sortes. Du blanc, du rouge, du rosée et ce, dans le pétillant, le sec, demi-sec etc. Je vous redirigerai vers le site avec plaisir, https://www.vouvray.com/ pour y voir leur offre. Toutefois, je n’ai pas tellement aimé mon expérience du point de vue du service à la clientèle.
La dame, appelons la Madame TrancheMontagne (ici on remarquera les deux majuscules qui dénote la noblesse dans le personnage) est bien lasse de sa journée car j’arrive sur le tard et elle n’a guère d’enthousiasme à me faire découvrir les produits. Tellement que je finis par lui demander si elle se sent privilégiée de travailler dans un château d’aussi grande renommée et d’une telle splendeur, (car les châteaux, qu’on se le dise, ça coûte une beurrée à entretenir et bien nantis ceux qui y vivent et qui ont des employés). Elle me répond avec une moue boudeuse que c’est pas si top que ça. Et que les gens d’ici, de vivre entre le médiéval et le contemporain, ça fait partie de leur quotidien. Ce que j’imagine bien. Mais que je trouve dommage. Et peut-être qu’on finit par s’y habituer. J’aurais pu aussi lui demander si elle était de bonne humeur et que si oui, il faudrait le dire à sa face, mais je me suis abstenue.
Je ne sais pas trop mettre les mots qui m’habitent quand je vois ces témoins du passé, les villes qui peuplaient les livres où les héros de mon enfance vivaient. La poésie des noms des régions me ramène 40 ans en arrière quand je lisais les Rois Maudits, De Balzac, Dumas, Maigret. Quand je regardais Les Gens de Mogador, Jalna, La Reine Margot. Châteaubriand, c’était une personnage historique* avant d’être une pièce de viande… Bref, trois bouteilles plus tard, car elle m’a tout de même fait déguster les pinots noirs, j’en ressors mais non sans avoir demandé: «Peut-on visiter le château ? » Et sur le ton avec lequel on s’adresse à un enfant insolent, elle me fait : « Mais non madame, le propriétaire y habite ». D’où ma remarque un peu plus haut des revenus que doivent générer une telle entreprise. Et sur ce, je la remercie et me jure qu’on ne m’y reprendra plus…(à poser la question de la visite du château – je regarderai sur le net dorénavant, j’aurai moins de chance de me faire rabattre le museau). 🙂 Et je repars sur la route vers Mennetou-Sur-Cher qui m’attend.

* François-René, vicomte de Chateaubriand, né le 4 septembre 1768 à Saint-Malo et mort le 4 juillet 1848 à Paris, est un écrivain, mémorialiste et homme politique français. Il est considéré comme l’un des précurseurs et pionniers du romantisme français et l’un des grands noms de la littérature française.






