L’histoire montre que les humains ne tirent pas toujours des leçons du passé et pour savoir où l’on s’en va, il faut savoir d’où l’on vient. Mais il faut surtout un plan, cette révélation m’est venue très tard.
Il y a 12 ans de cela, je me suis fixée un objectif de trouver un endroit où il ferait bon vieillir. Ce serait le projet de ma retraite qu’à ce moment, j’avais fixé à 59 ans. Quelques aiguilleurs de vie plus tard, j’ai réalisé que :
Il manquait à ce rêve 10 ans de revenus. Des années plus tard, je me retrouve à travailler dépassé le dit 59 ans afin d’aspirer à un ordinaire amélioré. Je vous épargne les lettres, les questions, les requêtes de ma part pour changer cet état de fait. Ce n’était qu’un rêve, la machine a mangé l’humain et l’a recraché. Nous étions en l’an 2000, l’année où les consultants ont gagné à la loterie de l’informatique et que tous les systèmes possédaient les 4 digits.
Point fort : je me suis fait des amis pour la vie dans une belle communauté.
En 2008, je reçois une autre raclée de la vie, je me sépare. Celle-là, elle a frappé des deux côtés de la face, avec un coup de marteau juste au-dessus de la tête. Je suis restée prostrée deux ans, sans goût pour rien et bien que cette raison soit usée à la corde, j’ai survécu grâce à mon fils, ma famille et mes amis, mes collègues de l’époque. Je vois encore ma collègue « S » les dents serrées qui me dit en pointant son doigt accusateur vers moi : «Toué, Sylvie Choquette, tu vas te montrer forte devant ton fils, jamais tu baisseras les bras, tu vas pas t’écraser parce que c’est maintenant qu’il a besoin de toi, c’est ça qui faut que tu fasses, tu m’as ben compris ? Pis ça va passer, comme le reste». Le jist du message ? Fake it, till you make it. Meilleur conseil que j’ai eu à ce moment-là. Et j’en ai eu des tonnes de bons conseils, que je n’ai pas toujours suivis mais celui-là. Je l’ai exécuté, comme un soldat.
Telle la fable de la cigale et la fourmi, je suis entrée dans une ère d’indulgence de laquelle je ne suis jamais sortie, pour soulager ma peine. J’ai mangé jusqu’à ce que mon cœur commence à se plaindre. Et j’ai décidé d’opter pour la chirurgie bariatrique, C’est ainsi qu’on me retrouve aujourd’hui à l’aube d’une grande aventure qui me donne le vertige. Je suis passée d’un état de participant actif à mon existence, reléguée à une position d’actrice tertiaire oubliant son texte jusqu’à être jetée sur le parquet comme une scène coupée d’un film. Puis back on track, ma 2ème vie. L’impression de me tenir sur le sideline à regarder ma vie défiler devant mes yeux me rendait folle de rage. Je suis convaincue que j’ai été en colère une bonne partie de ma vie contre le monde entier à cause de ce diktat planétaire qui font que les femmes par leur genre doivent se soumettre d’une façon ou d’une autre. Néanmoins, mon désir de savoir quelle était ma voie, ne s’est jamais éteint.
Si le corps est un temple, le cerveau en est la lumière. À travers le périple qui m’attend, je vivrai au jour le jour ne comptant que sur moi. Attention, ce voyage initiatique ne se réalisera pas sans qu’une foule de personnes m’aient aidé. La première étant Carole qui m’a permis de planter cette graine qui a germée. Ce n’est pas vivre sur une île déserte, ne compter sur personne :
- c’est ne plus avoir d’attente,
- être dans le moment présent,
- vivre ne serait-ce que pendant 2 mois, une vie non normée.
Il doit bien y avoir une raison plus essentielle d’être en vie que de tourner dans une roue comme une souris, sans aller nulle part. Je veux marcher jusqu’à ce que je me rencontre. Je veux aller au bout de mes ressources et en revenir lavée de tous mes doutes, mes angoisses et de mes peurs.







