L’automne au Québec, c’est si beau quand il ne pleut pas. 8 octobre, il pleut des cordes à Sainte-Thérèse, à Montréal et du coup, nous partons vers Arnaud et Sophie qui sont à Sherbrooke. Le ciel me donne raison, au moins nous sommes épargnés des pleurs de Madeleine. Nous l’aurons notre week-end exempt des torrents déversés par ces nuages enragés contre l’humanité qui n’en fait qu’à sa tête.
Cette semaine a été éprouvante. Pas tant pour moi que pour mon chum. Un instant d’éternité. Comme suspendus dans une bulle. Je peux vous passer toutes les images éculées qui me viennent à l’esprit, elles seront toutes vraies et en même temps usées. Criantes de réalisme néanmoins. La vie n’a jamais plus de valeur que lorsqu’on risque de la perdre. On ne se sent jamais aussi vivant que lorsqu’on échappe à la mort. Les décès des proches, ceux happés dans la fleur de l’âge, ceux dont on dit qu’il y aurait eu d’autres à venir chercher avant et ceux dont on dit qu’on aurait donc dû…
J’ai eu peur, tellement peur. Jusqu’à présent, je n’avais jamais connu la vraie, celle qui accélère le transit intestinal. J’écoute Bach, un genre de trait d’union entre mon frère Yves et moi. Mon collègue Jacques qui m’invite à écouter un grand pianiste Vikingur Olafsson et je reprends goût à la musique. J’ai eu si peur de perdre mon chum. Il s’est déposé un grand voile de paix sur mon coeur, parce qu’il n’y est pas passé.
Et en un claquement doigt, une bonne partie de ce qui était important ne l’est plus. Qu’un seul objectif, vivre le moment présent. Quelle profonde gratitude j’éprouve en ce moment. D’avoir vécu. Pas en grande pompe. Pas en inventant la cure contre le cancer. Mais d’avoir été reconnaissante de ce souffle initial et primal. Et d’avoir eu le courage de vivre ma vie comme je l’entendais.
Pour faire du pouce sur le sel de la terre, j’écris maintenant à propos de la boulangerie et pâtisserie « Les vraies richesses » située au 242 King Ouest, Qc Canada. Tiré de leur page Fb : Les farines biologiques, de blés anciens ou d’agriculture raisonnée sont la base et le socle de la confection de nos pains. Nous « élevons un levain à base de farine de blés anciens biologiques moulu sur meule de pierre. »
Arnaud et Soe nous ont fait connaître cet endroit. Les odeurs de pains qui cuisent sont comme une couverture nous enveloppant, l’étreinte d’une mère ou d’un père. Petite attente pour nous mettre l’eau à la bouche, nous laissant espérer des plaisirs gustatifs inattendus et aucune déception ici. Les pains tous bien identifiés en évidence comme autant de bijoux dans une vitrine, le Tamelier etc, les cafés sont bien tassés, les sandwiches déjà préparés comme autant d’oeuvres d’art, les croissants, pains au chocolat, les muffins. Le service, cette pierre angulaire souvent négligée, ne l’est pas. Répondre aux questions des clients qui comme moi, sont curieux des produits et l’ambiance décontractée incluant tous les types de gens : des familles aux amoureux. Endroit sympathique et chaleureux, qu’on y aurait vu un chien MIRA en entraînement que ça aurait été parfaitement intégré dans le paysage. La vie quoi.
https://www.facebook.com/LesVraiesRichesses






