Après avoir mangé un ti-brin, parce qu’il faut bien se sustenter pour vivre, on m’amène à la chambre 2224. Et je n’hésite pas une seconde à crinquer l’A/C au maximum, car je dors mal lorsqu’il fait trop chaud et la chaleur provoque des crises de panique – note à l’auteur: écrire l’épisode de Yoga chaud. Catastrophe, le climatiseur est anémique. Il aurait besoin d’une solide dose de Géritol. Et là, la madame qui a quand même gardé le moral depuis plusieurs heures, commence sérieusement à perdre le sourire. Mais la météo reste sublime. Pas un moustique en vue et la chambre est propre. Pas du dernier cri mais pas grave. Pour paraphraser les Mexicains: »excellente! »
Jour 2 – À la recherche du concierge
Le lendemain, tel un missile à tête chercheuse, ma quête se résume à 2 choses: trouver le « go to guy » qui règlera mon problème d’air conditionné et retrouver mon sourire qui s’est enfui avec le fréon du climatiseur. Mais, cela ne m’empêche pas de me baigner dans la mer.
Laisser moi vous parler de celle-ci. J’adore l’eau, celle qu’on boit à 3:00 du matin quand la soif nous tenaille en plein milieu de la nuit et qui lui donne un goût sucré. Celle qu’on utilise à grand déploiement pour laver le carrelage ou les vêtements en s’usant les jointures. Celle qui tombe des nuages qui crée des arcs-en-ciel sur commande. Celle qui se confond avec le ciel quand on roule en Italie sur le bord de la falaise. J’aime l’odeur d’iode des océans et le balancement rythmé des vagues, j’aime ses couleurs changeantes. J’adore celle qui lave comme au premier matin du premier jour en laissant une sensation de nouveau départ. Pour moi, le plus beau fleuve du monde, c’est le fleuve St-Laurent.
J’aime les bruits d’eau. Des pipettes tintant contre les parois de petits flacons remplis d’élixir rajeunissant au fracas des chutes de Montmorency. Le son de la pluie sur un toit de tôle ou d’une tente, quand on est au sec, bien sûr. Le pétassement de la sève prisonnière du bois dans un feu de foyer. L’eau c’est la vie, à partir de la création de la terre à la création d’un enfant et je trouve particulièrement savoureux que mer et mère soient des homonymes parce que ce sont deux éléments si conceptuellement proches l’un de l’autre. Vastes, enveloppants et pleins de vie.
Mais de retour à la réalité de mon séjour, pour faire d’une histoire longue, courte, je finirai par obtenir gain de cause en changeant de chambre avec vue sur la mer nouvellement retapée. Cet évènement brise la routine de la journée et me tiendra en haleine pour quelques jours, me démontrant qu’à force d’y croire, on y arrive toujours. C’est peut-être ça mon talent finalement. De faire arriver les affaires. Donc, il ne faut pas désespérer de l’Italie et des autres projets qui entretiennent nos flammes. Et de la nécessité d’avoir un plan. Dieu sait que je n’en avais pas avant. La magie de l’âge, je présume.
L’endroit est idyllique, il n’y pas un nuage à l’horizon et lorsqu’il pleut, c’est intense et bref. C’est bénéfique pour la terre et nous, on ne s’en plaint donc pas. Àla réception de l’hôtel, un parfum diffus de citron embaume l’endroit. Cette odeur restera à jamais marquée dans ma mémoire sensorielle. Les grands halls à aire ouverte que j’ai souvent vu dans le sud n’ont pas leur place ici. Et cela confère à l’endroit un air plus luxueux qu’il ne l’est.
J’ai si peu parlé de nourriture. Au deuxième soir, je réserve au Careyes, restaurant français fusion mexicaine. La plupart des restos du site sont fusions et le mélange est intéressant. Des fruits de mer avec guacamole ou des oeufs brouillés avec salsa. Les fruits sont à profusion et les plats sont goûteux. Pour ma plus grande joie, il y a toujours des Jalapenõs, peu importe le resto. Je me suis lentement mise sur le beat des Mexicains, c’est plus d’ouvrage un peu. Pas facile de décrocher. Pourquoi j’en parle ici ? C’est que le service est inégal en terme d’efficacité et de vitesse. Parfois, d’une rapidité déconcertante parfois les requêtes pour obtenir un condiment, un verre de vin doivent souvent être énoncées à plusieurs reprises. Comme pour les enfants, qui oublient lorsqu’ils ne vous voient plus.
Les Mexicains sont gentils, courtois d’un naturel souriant et engagent la conversation pour peu qu’on l’en les encouragent. Une




