Départ tôt de la maison via la 13 avec mon fils qui offre: ” Maman, c’est ok, je vais te reconduire à l’aéroport”. Les anges chantent, tous les parents savent de quoi, je parle. Quand votre enfant, prends l’initiative de vous rendre service sans questionnement, sans débat, c’est comme si on gagnait la 2ième guerre mondiale, all over again. Mais je disgresse.
Pas de sentiment de culpabilité ni de remords parce que tu as peur qu’ il ait un accident au retour. Mais z’encore, y a de la circulation ! Vers la 520, le vendredi matin. Une surprise. Seigneur ! Aidez-nous ! J’aimerais prendre des vacances. Dépôt de mon illustre personne, sur le trottoir gelé de l’ ADM. Qu’est-ce qu’il fait froid ! Ça fait 57 ans que je vis au Québec, mais le froid me désarçonne maintenant. Et puis je déambule dans l’aéroport… Quand j’étais plus jeune, avec une amie, j’allais regarder décoller les avions de Dorval. C’était enivrant ! Je parie qu’il y a plein de Montréalais qui ont fait ça…
Départ de Montréal dans un airbus 319 d’Air Canada. Même si tu veux encourager ta patrie, c’est pas facile parce que t’es traité comme une quantité négligeable. Le personnel est courtois à ses heures mais tu as régulièrement l’impression que tu leur rends service. J’ai payé 50$ pour avoir de l’espace pour les jambes toutefois j’ai 13 pouces. Et parce que j’ai choisi de m’asseoir derrière la classe affaire, je me retrouve avec une tablette pas trop de niveau. J’ai le goût de me moucher dans le rideau qui nous sépare de la 1ère classe.
On arrive à Cancun à l’avance. Tout va bien. TOUT VA BIEN. À part le sentiment de culpabilité qui perdure. Les femmes et la culpabilité. Autre sujet de digression et puis, peut-être, c’est pas toutes les bonnes femmes qui sont comme moi. Mais je me parle, tout le monde prend des vacances. Il n’y a personne d’irremplaçable. Les cimetières en sont remplis.
Je débarque et je suis le troupeau des touristes, en étant une moi-même, de brebis. La « valisa » doit être réceptionnée au manège 10 et bien, il est pas bon le tableau d’indications. C’est pas le 10 où je dois aller, c’est le 8. En courant pour aller aux toilettes, je la vois du coin de l’oeil et me voilà qui plonge sur le carrousel pour la rattraper.
Et je sors au soleil de Mexico, éblouissant comme la chanson de Diane Dufresne. Et je m’imprègne de l’odeur enivrante du diesel. Ça monte à la tête. Ahhhh quelle sensation de dépaysement. Mais il fait chaud et c’est tout ce qui compte. J’ai tellement gelé au Québec avant de partir.
Maintenant, ma mission est de trouver le transport vers le Sian’Kaan Grand Oasis Tulum. Un rapide tour d’horizon et j’enligne une pancarte d’Air Canada. Je zoome là dessus. Un dude me hèle « luxueux condos à visiter » mais je passe outre. Retenez cela. Comme un train dans un tunnel. Expression qui me décrit si bien. Et me voilà partie dans un genre de taxi collectif de la grosseur d’un transport adapté de Mtl.
Pablo, « the busdriver from hell » conduit à tombeau ouvert sur les autoroutes impeccables du Mexique. Les stops sont facultatifs et les limites de vitesses encore plus. Mi madre de Dio, protègez-moi. Et nous sommes une douzaine ds cet autobus et nous arrêtons à 8 hôtels avant évidemment, d’arriver au mien qui est, on s’en doute, le dernier arrêt. Le moral est toujours bon. José m’accueille, c’est un » guest’s coordinator » et à ma demande, m’amène au resto encore ouvert, car, mine de rien de l’aéroport vers 19:00 à l’hôtel, il s’est écoulé 2:30. Un trajet estimé dans la pub du resort à 1:30. Vous ai-je dis, que l’on s’est perdu ? P’tit coucou ici à mon amie Mme Gon, j’ai vu le hall de ton hôtel. Très joli mais pas pertinent du point de vue du voyageur qui a hâte de déposer sa valise, comme son cerveau. Ça dépose pas suffisamment dans ma vie je crois, c’est un thème récurrent.
Mais, j’entends la mer, je n’ai qu’une envie c’est de m’y plonger et je n’ai de cesse que le matin arrive enfin pour voir Rivière Maya dans toute sa splendeur.






