J’arrête d’écrire bien que je sois inspirée, le paysage vaut le coup d’oeil et je suis tout de même venue pour admirer et contempler…des guitares mal accordées résonnent au-dessus de ma tête. C’est le chant du fil du train qui fonce vers Saint-Pierre des Corps. Presque plus souple et doux que l’avion qui parfois nous donnent des hauts le cœur.
Avez-vous déjà remarqué combien les gares sont ventilées ? On y gèle souvent. La faune bigarrée de Roissypole, la gare jouxtée à Charles de Gaulle est sympathique, les tendances mode se dessinent nettement, les grands paletots qui tombent sur les mollets autant pour les hommes que pour les femmes. Les gens d’ici sont bien fringués. Selon moi, ce sont les touristes qui déparent le paysage. Celui-ci en bermuda à 2 degrés celsius, celle-ci en gougoune à paillettes. Cet autre habillé de la même couleur de pied en cap. Pas que je suis placée pour juger, un jour je vous montrerai des photos de moi, pré chirurgie bariatrique. Quand tu ne te regardes plus dans le miroir, ça se pourrait que le résultat soit moins heureux. Et qu’un éclair me frappe instantanément si on pense que c’est un jugement. Une constatation et une grande sympathie pour cette situation.
Les oreilles bloquent quand nous sortons des tunnels, tant la vitesse est vertigineuse. Le soir tombe et les éoliennes avec leur profil d’élégantes danseuses faisant des arabesques me fascinent. Et puis on voit les hameaux dont les fenêtres sont éclairées. Ils font des pointillés dans la nuit. Je me vois marchant dans ces villages avec ma mère qui dirait: « Regarde la madame (c’était tjrs la madame, jamais le monsieur, je ne ne sais pas pourquoi), elle a des beaux rideaux ». Le TGV c’est une occasion d’être dans un état contemplatif , ça tombe bien, je suis ici pour faire cela. Mais ça aiderait si les fenêtres du train était moins sales…on n’aurait pas l’impression que la météo fait des siennes..
Et puis, mes pensées vagabondent, j’arrête d’écrire aussi pour ça. Parce qu’il fait bon penser qu’il n’y a rien d’urgent, rien de critique. Pas de responsabilité, que celle d’être dans le moment présent. On y est si rarement. Je sens une injustice et en même temps une culpabilité. Une injustice car nous – la terre – ne sera pas accessible encore pour longtemps et une culpabilité d’en profiter quand même. Une dualité qui m’habite souvent.


Le chien, c’est une femelle, elle s’appelle Chayanne, si je l’écris bien. Je me suis payée une traite avec ce briard (berger de Brie), encore un bébé, 2 ans. J’ai rencontré des gens charmants dans l’hôtel Kyriad de Saint-Pierre des Corps. Les parents des gestionnaires de l’hôtel. Et j’ai reçu à cet endroit un excellent accueil, de l’ouverture et un sens à la clientèle de jeunes personnes – qui je dois le dire – m’ont laissé une très bonne impression. C’est très pratique, tout à côté de la gare, ce qui m’a permis de ne pas partir de Paris – évitant le casse-tête d’avoir à sortir de cette ville. C’est à partir de là, que j’ai visité Tours, et que j’ai mangé à la Plume Blanche…






