Départ de Mennetou vers Lyon, je décide d’affronter les autoroutes françaises. Limite de vitesse 130 km h et les péages. À quelque part dans le processus, je passe par dessus mon anxiété en me disant qu’il y a 75 millions de touristes qui sont passés en 2022 en France, ils ne doivent pas tous être des pilotes de Nascar !
On mange l’éléphant une bouchée à la fois. Les premiers 100 km, je roule avec du jus de « steering » qui me coule entre les doigts…l’oeil droit et gauche rivés sur mes 4 miroirs en même temps, attentive aux automobilistes, à la signalisation routière, aux chevreuils, sangliers, au GPS aussi, il va sans dire. Premier arrêt pour me délier les jambes et faire une pause santé. Deuxième arrêt pour mettre de l’essence. Troisième arrêt pour me sustenter. La ville approche ça se sent, il y a de plus en plus de trafic. Je garde une bonne distance entre moi et mes compatriotes de la route. C’est là que ça sert d’être une mère parce qu’on a des yeux en arrière de la tête. J’arrive enfin après quelques heures de route à l’hôtel Greet Confluence Lyon https://all.accor.com/hotel/B6G4/index.fr.shtml, je suis B R Û L É E. C’est Baptiste qui m’accueille. Sympathique, l’air d’un étudiant studieux, il est vraiment, vraiment patient, parce qu’à ce point de l’itinéraire, je me coucherais sur un des divans de la réception, donnerais les clés de la voiture et leur dirait d’aller la garer. Je prends sur moi et je vais porter une partie de mes bagages dans ma chambre. La voiture sera stationnaire pour la semaine parce que, dit-on, tout se fait à pied, à Lyon. Je confirme.
Parking maîtrisé mais je ne retrouve plus l’hôtel. On se croirait dans un suspense télévisé. Ma pile qui tombe en « lowbat ». Je veux revenir dare-dare dans ma chambre et tombée en pleine face dans les oreillers. La musique de Midnight Express joue dans ma tête. Un trajet de 5 minutes, m’en prends 20. Je ne sais par trop quel hasard, je finis par me situer. Ceux qui pense que j’exagère quand je dis que je n’ai pas le sens de l’orientation, c’est confirmé. « Light’s out » enfin dans mon lit.
Step by step, impossible ou réellement difficile pour moi de faire « B » avant « A ». J’ai eu beau me dire que je n’écrirais pas que chronologiquement, c’est plus fort que moi. À partir de maintenant, je fais un effort que ce soit « in no particular order ». Note en date du 6 décembre – j’ai pas réussi.
On va rentrer dans le vif du sujet des impressions que j’éprouvent. À la faveur du jour, je découvre ma chambre, l’hôtel, je cherche le mot pour décrire l’ambiance, ce même sentiment qui m’a habité à l’Ibis de Blois – Centre Gare. Il y a un petit plus, quelque chose qui ressemble à la paix. Aujourd’hui, j’ai eu la réponse à ma question et elle est venue du directeur de l’hôtel, ces hébergements ils ont une âme. Conversation tellement intéressante, une anthologie de l’évolution de l’industrie hôtelière. Des besoins crées en lien avec les transports aériens de plus en plus efficients en nombre de passager. Néanmoins, l’expérience attendue n’est plus la même. Les standards ont changés car les clientèles ont changés, ils ne cherchent plus la conformité entre leur point de chute et les hôtes se sont adaptés avec l’arrivée des commentaires provenant de l’internet. Il est maintenant entendu que les bases d’un bon service à la clientèle inclus intrinsèquement, un excellent service à la clientèle, un personnel attentif et proactif, de l’eau chaude, de la clim, un wifi performant, une offre gastronomique épatante. Le client veut qu’on le sorte de sa quotidienneté et cherche la fuite de son univers pour quelque temps, du moins. Ce commentaire reflète ce que je désirais, en ce qui me concerne. Un détachement qui, comme beaucoup de situations dans nos vies, prennent naissance dans nos têtes et doivent finir avec elles.
Au courant des jours que je passe à Lyon, j’observe mon comportement, les humains sont des mammifères, comme ceux-ci, je crée des liens avec ma communauté temporaire donc avec le personnel. L’humain est profondément grégaire. J’explore les alentours rapprochés puis j’élargis le cercle de mes aventures, elles se passaient plutôt de jour et éventuellement, je suis sortie le soir. En marchant dans la ville, j’ai découvert le Rhône et la Saône (lettre « A » muette, je ne savais pas comment le dire, j’ai bien fait rire les Lyonnais). J’aime l’eau sous toute ses formes. J’ai marché le long de ces deux cours d’eau. Il y a toujours des gens qui ne sont pas en mouvement, sur les trottoirs qui ont l’air d’attendre quelque chose. Il faut faire gare en traversant les rues, les tramways sont silencieux, les vélos, les trottinettes, les livreurs, il existe cent façons de se déplacer dans cette ville. Les quatre des cinq sens sont nécessaires pour se rendre à bon port lorsqu’on veut éviter les excréments de chien, on cherche un bon resto, qu’on s’écarte d’une voiture sur la place Bellecour qui est un endroit piétonnier mais avec des passages pour les véhicules sur certains axes. Les us et coutumes dans les magasins, les paquets qu’on y enveloppent, j’adore cette façon de commercer. Je me suis arrêtée dans une boutique de télécom – Bouygues – pour jaser carte eSim et le vendeur et moi, en sommes venus à la même conclusion, pas une bonne idée d’acheter quoi que ce soit mais, on a réglé le problème des appels que je ne recevais pas. La boutique était pleine et il a pris le temps, sans aucune charge.
Je suis bien contente du choix de l’hôtel, le temps n’est pas clément, c’est vrai, les fenêtres donnent sur une cour intérieure, qui ma foi, doit être bien agréable quand la météo collabore, quand même, j’aime bien la tranquillité et la lumière tamisée que tous ces éléments apportent. Le deuxième soir, il y a souper – spectacle de jazz. 
Les propriétaires sont de véritables amoureux de cette musique. Le concept déco dans son entièreté en est imprégné. Des grands et des inconnus pour moi. J’ai passé beaucoup de temps à travailler, c’est bon pour le cerveau le travail, c’est la santé. J’aimerais explorer des sphères nouvelles. Ces dernières années ont été consacrées à cela. Adopter d’autres habitudes de vie. Changer de branche dans mon travail. Retrouver cette insouciance qu’apporte le temps présent. Croire que les enjeux se dénoueront si on fait confiance à la vie. Ce voyage revêt cet aspect. Trouver en soi le chemin de son autonomie. Pas le chercher dans le regard des autres. Je suis solitaire au milieu de la foule mais je ne me sens pas seule. J’écoute la vie du piano, du saxo, la manière dont les choses s’organisent. C’est un beau moment.
Cet évènement a déclenché un série de conversations avec des étrangers. Et cela nourrit le plan de match pour la suite des choses. Je sais maintenant que ce n’était pas une lubie de voyager seule.
Alors, j’ai fait la partie presqu’île et un tour sur les deux rives. Des petites et des grandes avenues, en passant par là, j’ai vu les ruines du théâtre romain 
, bien sûr la Cathédrale St-Jean, Fourvières, https://www.lescouleursdesylvie.com/?post_type=dt_slideshow&p=2253&preview=true
j’ai assisté à une messe en admirant les peintures d’or sur les murs et les plafonds. Cathédrale dédiée à Sainte-Marie, élevée en réponse au souhait d’un archevêque en 1870 afin que la ville soit épargnée des armées prussiennes.
Allumé un lampion pour la santé de Dan. C’est mon enfance judéo-chrétienne ça. J’ai jasé chez Bulle https://www.bullerestaurantfourviere.fr/ avec un Québécois, une Suédoise et une Lyonnaise.
Cliquer sur le lien que j’ai mis plus haut, ça vaut le détour. J’ai vu les toits de Lyon de cet endroit et j’ai pu flatter un beau labrador noir
(Sumo), qui pour une fois n’a pas suivi sa maîtresse et est resté avec l’inconnu que j’étais. J’ai pris le funiculaire pour redescendre, c’est toujours captivant de se sortir de sa zone de confort. Parce que c’est comme l’effet de l’élastique sur le poignet. Concentré sur le défi, on ne pense pas plus loin que cela. Au moment, où le funiculaire se mettait en marche, un non-voyant nous a harangué pour avoir des sous. La voix caverneuse de l’homme résonnait à l’intérieur de la petite cabine comme dans un haut-parleur. Je n’ai pas saisi tout de suite le propos. Une expérience à l’échelle humaine encore une fois. Les gens donnaient des sous dans la main de l’homme. La trame des histoires qui font maintenant parties de mon passage initiatique.
J’aime aussi jaser avec les commerçants. Ils sont la plupart du temps, avenants. Et sont fiers de leur produit, ainsi j’ai appris que Lyon était autrefois une ville de tisserands – Les Canuts. La cervelle de Canut également appelée « claqueret » ou « tomme daubée », une spécialité typique de la cuisine lyonnaise. Ce met remplaçait la cervelle de mouton, trop chère pour les maigres salaires des ouvriers des tissus en rappelant quelque peu par son aspect. Les pralus roses, un pâtissier lyonnais aurait été inspiré par les roseraies du Rhône et aurait teinté ses pralines d’un rose similaire dans sa machine à mélanger. Le succès fut au rendez-vous et la praline rose était née. Le miel d’acacia, les anecdotes se suivent et se ressemblent. Toujours savoureuses.
Le mercredi, lendemain du show de jazz, je vais manger dans un bouchon lyonnais. 

Les bouchons, ce sont des restaurants où l’on mange des spécialités lyonnaises arrosées par un pot de vin de la région. À cet endroit, il y a méprise entre une autre fille seule et moi, quand Diego me demande mon nom et que nous arrivons à la conclusion que j’ai un patronyme belge dans la pâtisserie belge (chouquettes), il me dit, je le savais, vous êtes une critique culinaire…et avant même que j’aie le temps de répondre, le voilà qu’il lance cela à la volée à Enzo, le sous chef dans la cuisine et on échange sur le Québec et sur la gastronomie et la largesse des plats, il fait chaud, on est bien, c’est une autre soirée agréable, je mange des escargots à la Pretty Woman et des quenelles au brochet, le dessert une gâteau moelleux trop bon et chartreuse en digestif pour savoir ce que c’est et que je confond avec l’absinthe. Deux couleurs pour la chartreuse, jaune et vert, historiquement la jaune moins forte pour les femmes et la verte plus herbacée pour les hommes. L’un dans l’autre, je ne suis pas capable de boire plus que de me tremper les lèvres, 55% d’alcool. C’est trop pour ma vache.
Cependant, pour la première fois, je retrouve le chemin de l’hôtel sans le GPS, c’est une victoire personnelle grandement appréciée. Sans grande envergure, je l’accorde mais je suis transportée sur une belle vibe positive juste d’y penser.
Puis en marchant, j’ai une idée, offrir des fleurs au personnel de l’hôtel pour la chaleur du cocon prodigué. Le soir avec Juliette, le matin avec Léa, Isa, M. et Mme Dupuy. Je les nomme et j’aimerais tant me souvenir du nom des autres. Tous ont été accueillants. Référence au Mercure Ajaccio en Corse comprise. Et en route vers l’aéroport, le matin du 1er décembre. Je suis arrivée à trouver l’emplacement de la station essence grâce à ma dernière intervenante au Greet. Et une chance que je suis partie en avance, parce que j’ai perdu plus d’une fois ma voie. Une fois, l’auto à flot et le stationnement effectué à l’agence de location Sixt, l’employé vient me reconduire près de la porte des départs, il est sympathique et m’aide à trouver un chariot. Et le type de l’emballage des bagages qui m’aide car j’y suis allée un peu fort dans les achats depuis mon arrivée à Tours. Vous me direz que je paye et ils ont un intérêt à être polis. Je suis plus ou moins en accord avec cet argument. J’adhère à la maxime que si nous traitons les autres avec respect, la spirale positive s’en trouve enclenchée et le meilleur nous est accordé. Ma petite leçon apprise depuis ces dernières années. Je traverse l’aéroport de Lyon Saint-Éxupéry, me mets dans la file pour embarquer et deux gars derrière moi parlent d’une recette de lasagnes. Il y a toujours de la bouffe dans mes histoires, le temps d’un message des compagnies aériennes, je loupe une partie de la recette et je me retourne vers ces deux types et demande à brûle-pourpoint qu’est-ce qu’on fait après la béchamel ?








